La Révolution Verte
,seule solution
pour sortir de la crise ?
Brice Masgonty - 2009
Introduction
L’émission " C dans l’air " animée par Yves Calvi le 29 avril 2008 annonçait que le moral des Français était en baisse pour la 10ème fois consécutive. Et de commenter : " la France va plus mal qu’il y a un an "… Les gens ressentiraient un sentiment d’injustice sociale, la vie quotidienne devenant de plus en plus difficile…
Le moral des Français en baisse laisse présager une crainte pour la consommation, et donc pour la croissance… Il faut dire que les gens ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois.
Philippe Dessertine, économiste invité sur le plateau, commentait en ces termes : " les chefs d’Etat commencent à ressentir ce qui va se passer… Il s’agit aujourd’hui de tenir le cap. Malheureusement, les boussoles utilisées en économie ne marchent plus : tous les indicateurs sont au rouge dans le monde entier… Aujourd’hui, il y a encore peu d’effet de la crise mondiale dans l’économie française. Ce sont les marchés qui décident de tout, et on peut s’interroger sur les pouvoirs qui restent ceux des politiques dans cette dynamique mondiale.
Nous sommes dans une situation qu’aucun chef d’Etat français n’a connu jusqu’à présent. Cette situation est beaucoup plus complexe qu’avant. Et elle devient de plus en plus grave au jour le jour.
Yves Calvi : Peut-on faire une analyse de fond sur la crise qui se prépare… Et est-ce que finalement, ça ne fait que commencer ?
Philippe Dessertine : l’économie nous promet dans les semaines et les mois qui viennent du sang, de la sueur et des larmes. Tous les éléments (indicateurs) convergent et montrent que nous sommes dans un problème systémique et structurel. Nous sommes à un tournant historique : celui qui devra nous permettre d’intégrer les pays émergeants (la Chine et l’Inde) dans l’économie mondiale. La Chine et l’Inde commencent à se réveiller. On va donc devoir trouver une nouvelle gestion, une nouvelle forme de gouvernance économique du monde à laquelle nous ne sommes pas prêts pour l’instant…
Le capitalisme asiatique peut devenir le moteur de l’économie planétaire : l’Europe est vieillissante ; certes, les Etats Unis se bagarrent. Mais on assiste aujourd’hui à l’affirmation d’un capitalisme planétaire surpuissant avec des indicateurs qui tournent au rouge de façon dramatique : les marchés financiers dévissent, il y a le problème du pétrole, l’augmentation du prix des matières premières, le problème de la famine… Tous ces problèmes se raccordent, ce qui fait dire qu’on est dans un processus qui va durer longtemps, et ce qui explique qu’on attend une réponse du politique… Progressivement, les personnes perçoivent ces difficultés. Mais on n’entend pas beaucoup de vraies pistes pour savoir comment on doit traiter ce sujet. Certains évoquent l’idée de s’orienter vers un gouvernement mondial…
Est-ce que le salut viendra des Etats Unis ? Le dynamisme américain est fort… Mais d’autres pensent qu’ils sont à terre comme les autres.
Yves Calvi : Finalement, la question se résumerait ainsi : comment peut-on s’entendre pour vivre autrement ?
5 mois après cette émission, la crise financière de septembre 2008 se propageait des Etats Unis au reste du monde, avec les conséquences qui s’en sont suivies sur l’économie des entreprises (crise économique sans précédent), et l’emploi (crise sociale qui a vu les séquestrations de Directions se multiplier en France, avec le passage d’un cran supplémentaire le jour où des salariés excédés ont menacé de faire sauter leur usine…).
Alors l’économie du monde peut-elle être bâtie sur des principes différents de ceux auxquels on a cru jusqu’à présent ? C’est à cette question que s’attèlera cet écrit : en partant de la dynamique mondiale actuelle, pour recentrer l’interrogation sur le fonctionnement de la France jusqu’à illustrer mon propos de ce qui a été observé dans certaines régions et villes de France, en particulier en Franche Comté.
Pour trouver un début de réponse à cette question, au départ de taille _ l’économie du monde peut-elle être bâtie sur des principes différents de ceux auxquels on a cru jusqu’ici ? _, je proposerai un détour par l’histoire : quitte à ce que l’on perçoive la gravité d’un problème, le fait de pouvoir revenir à sa source, son origine, peut déjà laisser entrevoir plusieurs pistes de résolutions.
De l’approche globale, j’affinerai l’analyse à l’échelle nationale de la France. (Etant né et ayant vécu jusqu’ici en France, je peux parler de ce que j’ai observé de l’actualité de ce pays plus que d’un autre…).
Puis je resserrai un peu plus le champ de vision pour proposer une analyse des pratiques rapportées d’un plan local (la région de Franche Comté et les villes et villages qui s’y trouvent).
Le fil conducteur qui guidera cet écrit est la recherche de cohérence, emprunte d’une certaine sagesse, toutes deux relayées par le modèle du développement durable ; celui-là même que cherchent à suivre (au moins officiellement) ceux et celles qui détiennent le pouvoir de gouvernance sur nos contrées… Le principe du développement durable dépasse pourtant de loin les intérêts politiques que certains ou certaines pourront toujours y trouver pour leur heure de gloire temporelle : c’est un dernier message d’alerte avant que la Terre elle-même ne déploie un système de défense jusqu’ici peu considéré par nous autres êtres humains. L’hypothèse Gaïa, exposée entre autres dans les années 1990 par Joël de Rosnay, reprendra alors tout son sens. Car c’est au prix d’une révolution culturelle, appelée aussi Révolution Verte, que l’humanité pourra dépasser la crise structurelle dans laquelle elle se débat depuis maintenant un an.
Brice Masgonty